Marcher sur la neige sans glisser dépend de l’équipement et de la technique davantage que de la seule prudence. Lors de certains épisodes de neige et de verglas de l’hiver 2010-2011, Santé publique France a relevé des hausses de 30 à 150 % des passages aux urgences pour traumatismes, surtout des chutes.
Ce guide passe en revue les réflexes, les chaussures, les sur-chaussures antidérapantes, la démarche et l’itinéraire, pour les piétons comme pour les gestionnaires d’ERP et les collectivités qui entretiennent des accès extérieurs.

5 réflexes à retenir pour marcher sur la neige et le verglas sans glisser
Pour marcher sur la neige sans glisser, adoptez ces réflexes :
- portez des chaussures à semelle en caoutchouc ou en crêpe, bien crantée
- ajoutez des crampons amovibles à pointes quand la semelle ne suffit plus
- marchez à petits pas, le pied à plat et les genoux fléchis
- préférez les trottoirs au soleil, loin des zones d’ombre et des pavés
- ralentissez, car l’urgence et le stress augmentent le risque de chute
Pourquoi glisse-t-on sur la neige et le verglas ?
On glisse sur la neige tassée et le verglas parce qu’une fine couche d’eau en surface réduit fortement le frottement entre la semelle et le sol. Le verglas ajoute un piège, puisqu’il passe inaperçu sur un bitume mouillé.
Une température qui oscille autour de 0 °C, une neige tassée par le passage, une zone d’ombre ou une légère pente aggravent le risque. Sans accroche mécanique (crampons, gomme crantée), la prudence ne compense pas le manque d’adhérence.

Quelles chaussures antidérapantes choisir pour marcher sur la neige ?
Pour marcher sur la neige, une chaussure antidérapante porte une semelle en caoutchouc ou en crêpe, plus adhérente qu’une semelle en cuir ou en plastique rigide. Recherchez des crampons profonds et un profil conçu pour les sols durs et humides, et laissez de côté talons hauts et semelles lisses, même imperméabilisées.
Les chaussures de randonnée offrent un bon compromis entre accroche, maintien de la cheville et isolation. Au travail, notre guide pour choisir des chaussures de sécurité détaille les marquages de résistance au glissement.

Sur-chaussures antidérapantes et crampons amovibles : des solutions complémentaires
Les crampons amovibles anti-verglas, montés sur un élastique et armés de pointes en acier, se fixent sur n’importe quelle chaussure et s’enlèvent à l’entrée d’un bâtiment. Les sur-chaussures en caoutchouc améliorent l’accroche sur sol mouillé, mais certaines manquent de prise sur un verglas dur.
Notre sur-chaussure de sécurité antidérapante max, à crampons qui chassent les liquides, sécurise surtout les halls mouillés par la neige fondue, jusqu’à −20 °C. Ces équipements complètent une bonne semelle et une démarche adaptée, sans les remplacer.
Comment adapter sa technique de marche sur sol enneigé ou verglacé ?
Sur un sol enneigé ou verglacé, raccourcissez vos pas pour marcher sur la neige sans glisser, car des pas courts réduisent le temps passé en déséquilibre entre deux appuis.
Pour garder l’équilibre :
- posez le pied à plat, ou légèrement en canard, plutôt que le talon en premier
- fléchissez les genoux et penchez légèrement le buste en avant
- gardez les mains libres, sans charge qui déséquilibre
- prenez des bâtons de marche, qui ajoutent deux appuis
En descente, fléchissez davantage les genoux, posez le pied entier à chaque pas et ne prenez jamais d’élan.

Quel itinéraire choisir pour limiter les risques de glissade en ville ?
Pour limiter les glissades en ville, privilégiez les trottoirs exposés au soleil, où la glace fond plus vite, et évitez les zones d’ombre permanentes (côté nord des bâtiments, passages couverts). Tôt le matin, méfiez-vous des entrées de bâtiment, où neige tassée, bitume humide et verglas se succèdent, ainsi que des rues pavées et des escaliers sans main courante.
Gestionnaires d’ERP et collectivités sécurisent leurs accès tout l’hiver avec une bande antidérapante d’extérieur sur les marches et un tapis antidérapant pour neige et verglas devant les entrées.
Vos questions pour marcher sur la neige sans glisser
Qui est responsable en cas de chute d’un piéton sur un trottoir enneigé ou verglacé ?
Le riverain tenu de déneiger par un arrêté municipal, s’il ne l’a pas fait. Sans arrêté, la victime se tourne vers la commune, et le juge recherche au cas par cas un défaut d’entretien normal, qu’une simple plaque de verglas ne suffit pas à établir.
Faut-il déneiger le trottoir devant chez soi et quelles sont les obligations légales ?
Oui, quand un arrêté du maire le prévoit. L’occupant d’une maison ou le syndic d’un immeuble retire alors la neige et sale ou sable en cas de verglas, sous peine d’une amende de 150 € au plus selon service-public.fr.
Les chaussettes par-dessus les chaussures sont-elles vraiment efficaces contre la glissade ?
Un peu, en dépannage. Une étude néo-zélandaise de 2009 menée sur 30 piétons a montré qu’elles réduisaient la sensation de glisser, sans mesurer d’effet sur les chutes. Sur le verglas, des crampons amovibles offrent une accroche nettement plus franche.
Comment protéger les personnes âgées ou à mobilité réduite contre les chutes sur verglas ?
Limitez leurs sorties tôt le matin et équipez-les de chaussures crantées, de crampons amovibles et d’une canne. Aux abords d’un établissement, des marches traitées et des mains courantes complètent la prévention des chutes en EHPAD.
Existe-t-il des traitements antidérapants permanents pour les sols extérieurs exposés au gel ?
Oui, durables plutôt que permanents. Une peinture antidérapante polyuréthane, résistante aux UV, se pose sur un béton ou un métal extérieur, et des bandes vissées tiennent sur les escaliers exposés.
